Chaque été, 1 000 reines vierges descendent sur la ville belge de Chimay. Lors du « vol nuptial », un mâle s’attache à la femelle. Son endophallus (équivalent pénis) est arraché et il tombe au sol et meurt. Mission accomplie.
Les apiculteurs viennent récupérer leurs reines fécondées dans de petites ruches colorées et les ramènent chez eux, parfois à plus de 300 km. Ils utiliseront le matériel génétique collecté dans le sud de la Belgique pour construire de nouvelles colonies aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.
Le but de ce pèlerinage annuel – qui a débuté en 2000 – est de diffuser les gènes de l’abeille noire européenne (Apis mellifera mellifera), une sous-espèce indigène de l’abeille domestique (Apis mellifera), une espèce en voie de disparition, qui a évolué pour vivre aux côtés des fleurs et du climat de cette région. C’est l’une des 24 sous-espèces d’abeilles domestiques, et les défenseurs de l’environnement affirment que c’est la seule qui devrait être présente ici.
Les apiculteurs peuvent réserver une place pour l’été à la Maison de l’Abeille Noire, un peu comme réserver un emplacement de camping. Au cours de leur visite de deux semaines, les jeunes reines s'accoupleront avec jusqu'à 20 mâles, collectant des millions de spermatozoïdes. Cette réserve peut durer plusieurs années dans une poche située dans son abdomen.
[Courte citation de 8% de l'article original]