J'ai d'abord été pris par la loi des réseaux sociaux, des algorithmes, étonné de voir tomber sur mon fil cet Américain qui crie en public, peint de noir, torse nu. Les vidéos, habillées de musique classique, sont belles et surprennent. Réaction primaire : c'est étonnant, perché si on est trop premier degré. Scroll oblige, l'Américain a disparu, puis est réapparu, car ses vidéos sont virales, plus de cinq millions de vues par exemple pour l'une de ses dernières performances, devant la Maison Blanche à Washington.
J'ai cliqué, cherché à comprendre ce qui m'avait intrigué la première fois et continuait la seconde, et au-delà de l'artiste qui s'exposait, voilà que je découvrais l'appellation qu'il s'est lui-même donnée : « athlète performeur ». Ah oui ? Il est vrai que dans son art, le physique est omniprésent, les muscles aussi, une rareté suffisamment mise en avant par ses soins pour qu'on s'y intéresse. Depuis Florence, où il est basé entre ses voyages à Paris, aux États-Unis et ailleurs, Thelonious Stokes raconte les racines de ses performances, une forme de l'art contemporain devenue majeure depuis le siècle dernier.
« Une chose nous intrigue, c'est ce terme de "athlète performeur " » que...
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