Il est essentiel que les avancées technologiques en matière de contrôle de l’immigration soient soumises à l’État de droit.
En 2019, la ville chinoise de Chongqing comptait environ 15 millions d'habitants et 2,6 millions de caméras : une pour six personnes. À partir de cette date, ce ratio aurait pu monter en flèche jusqu’à atteindre deux caméras par personne. Soutenu par des technologies d’identification biométrique, ce déploiement fait partie du projet Skynet, un exercice monumental de surveillance publique qui permet aux autorités de prévenir et de contrôler toute menace possible à la sécurité nationale, y compris, bien sûr, la désaffection politique. Le contrôle des mouvements et les bases de données biologiques sont monnaie courante pour une population habituée au fait que les crimes ne sont pas prouvés, mais plutôt intuitifs.
La Chine de Xi Jinping peut nous sembler une lointaine dystopie, mais c’est uniquement parce que nous n’y prêtons pas attention. À moins d’une heure de Madrid, aux frontières de l’UE, nos États démocratiques appliquent aux migrants la même combinaison mortelle d’algorithmes, de préjugés et de budgets milliardaires qui triomphe dans la dictature asiatique. Le projet iBorderCtrl, par exemple, a été développé entre 2016 et 2019 pour analyser les microexpressions faciales évaluant la véracité de ceux qui cherchent à accéder au territoire européen. Le programme – testé ... [Courte citation de 8% de l'article original]
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