Il y a un peu plus de quatre ans, alors que la Russie n’avait pas encore envahi l’Ukraine mais montrait des signes de vouloir le faire, le président français Emmanuel Macron rendait visite au Russe Vladimir Poutine au Kremlin pour tenter de freiner ses velléités impérialistes. L’autocrate a assis ce Jupiter résolu à l’extrémité opposée d’une gigantesque table blanche, dans une conversation qui s’est avérée inutile pour dissuader le Russe. Cette table était et continue d’être un symbole de l’énorme distance entre la Russie et l’Occident, qui a gelé ses liens avec Moscou peu après le début de la guerre.
Aujourd’hui, le président américain Donald Trump a renforcé ses relations avec Poutine et a établi une table de dialogue entre Moscou et Kiev pour parvenir à un cessez-le-feu et, ce faisant, conclure des accords juteux. Mais les Européens ne s’assoient pas à cette table, ce qui relance le débat sur l’opportunité de relancer un dialogue direct avec la Russie. La France et l'Italie défendent la nécessité de reparler avec Poutine pour ne pas être marginalisées dans un dialogue entièrement géré par les États-Unis et dont dépendra l'architecture de sécurité de l'Europe, principal bailleur de fonds de l'Ukraine. L’Allemagne et le Royaume-Uni, au contraire, estiment que ce n’est pas le moment de discuter avec un Poutine qui non seulement n’a montré aucun signe de volonté d’arrêter ses attaques contre Kiev, mais qui a également lancé une campagne très dure contre les infrastructures énergétiques et civiles ukrainiennes pour tenter de briser la résistance des citoyens du pays envahi dans l’un des hivers les plus rigoureux de mémoire.
En parallèle, les deux courants s'accordent sur la nécessité d'accroître la pression sur la Russie pour l'affaiblir et améliorer la position de Kiev fac...
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