Pesticides et cancer, la réponse de scientifiques à Catherine Hill : "Le problème n’est ni réglé, ni mineur"

Par un collectif de neuf chercheurs *Publié le 12/02/2026 à 07:00 - L'Express - 12/02
Neuf chercheurs appellent à la "vigilance" au sujet des traces de pesticides que l'on retrouve dans l'alimentation, même si les résultats scientifiques ne suffisent pas, pour le moment, à démontrer un lien avec la hausse des cas de cancers.

L'Express a publié voilà quelques semaines un entretien avec l'épidémiologiste Catherine Hill, qui portait notamment sur les liens entre cancers et pesticides. Un certain nombre de ses confrères ont souhaité lui répondre, par la tribune que nous publions aujourd'hui. Par souci du contradictoire, nous avons fait lire cette prise de position à Catherine Hill. Nous publions ses réponses à la suite de l'argumentaire de ses collègues. Des échanges éclairants, au moment où les débats autour de la loi Duplomb reviennent au Parlement...

La question des liens entre pesticides et cancers est au cœur d'un débat public et politique intense, souvent clivant. Les enjeux sont majeurs : protection des travailleurs exposés (agriculteurs, ouvriers de voirie, fleuristes…), santé des riverains des zones d’épandage, pollution durable des sols et des eaux. S’ajoutent les questions de sécurité alimentaire, de crédibilité des institutions réglementaires et de soutenabilité de nos modèles de production agricole. Toute prise de position publique sur ces sujets engage donc une responsabilité particulière.

Dans une récente interview accordée à L'Express, l'épidémiologiste Catherine Hill affirme que les pesticides cancérigènes sont "désormais interdits", qu'ils n'ont causé de cancers professionnels que chez "quelques agriculteurs", que "les risques sont réels mais pas très grands", qu'aucune étude ne démontre d'effet des résidus dans l'alimentation, et que "l'attention portée à ce sujet est largement disproportionnée". Ces affirmations appellent plusieurs clarifications afin que le débat public et les décisions politiques puissent se baser sur des données factuelles.

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Premièrement, s’il est exact que la majorité des pesticides classés CMR1 (cancérogènes avérés) selon la réglementation européenne ont été retirés du marché, et c'est bien le minimum, le risque cancérogène lié aux pesticides est loin d’être réglé. Plusieurs substances classées CMR2, donc cancérogènes suspectées, demeurent utilisées, comme le captane, le folpel, ou le metazachlore. Le glyphosate, classé "cancérogène probable" par le CIRC, est toujours autorisé et représente en tonnage un quart des pesticides utilisés. Son autorisation par les a...
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