Ambassadrices de l’ingénierie

JournalCNRS - 11/02
L’ingénierie, chasse gardée des hommes ? Pour démentir les stéréotypes de genre associés aux métiers de l’ingénierie, une exposition photographique met en avant douze portraits d’« ingénieuses ». Autant de portraits de femmes à la pointe de la recherche en ingénierie.

Techniciens, ingénieurs, électriciens… et quid des femmes ? Pour combattre les préjugés et encourager les vocations féminines, CNRS Ingénierie, l’un des 10 instituts du CNRS, a tiré le portrait de 12 femmes ingénieures dans le cadre de son année de l’Ingénierie (2025-2026)1. Parmi elles, Louise Le Barbenchon, Helen Reverón, Myriam Saadé et Aurore Loisy, ingénieure chacune à leur façon, évoquent leur métier avec passion, comme un vaste terrain de jeu dans lequel tout le monde, filles comme garçons, peut s’épanouir.

Louise Le Barbenchon : des matériaux en mouvement

« Quand j’ai découvert la mécanique des matériaux, j’ai eu un coup de cœur. J’ai senti que ce que je voulais faire, c’était comprendre leurs comportements. » L’épiphanie de Louise Le Barbenchon survient dès son entrée à l’École nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques (INP-Ensiacet), à Toulouse, en spécialité Matériaux. Mais son goût pour la recherche en ingénierie est plus ancien. « J’ai toujours aimé la physique-chimie au collège, se souvient-elle. Et, en seconde, j’ai eu la chance de visiter le laboratoire de mécanique des fluides dans lequel travaillait mon cousin, ce qui n’a fait que renforcer mon intérêt pour la discipline. »

Lorsqu’elle intègre l’INP-Ensiacet, c’est avec l’intention de poursuivre ensuite en recherche. Son diplôme en poche, elle tient le cap qu’elle s’était fixé et enchaîne avec une thèse aux Arts et Métiers de Bordeaux sur le « comportement mécanique de composites à base de liège sous sollicitation sévère ». Dès son doctorat, elle plonge donc dans l’intimité des matériaux poreux et travaille en particulier sur le comportement des matériaux dits « architecturés », c’est-à-dire dont les propriétés émergent plus de la façon dont leur structure est organisée (par exemple, la répétition de motifs à l’échelle microscopique) que de la matière elle-même.

Louise Le Barbenchon travaille sur des matériaux dits « architecturés », à l’instar de cet os de seiche. La microstructure de celui-ci lui confère des propriétés remarquables de résistance aux chocs.
De la santé à l’aéronautique en passant par l’architecture, les applications des matériaux a...
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