Cet article a été initialement publié dans le n° 11 de la revue Carnets de science.
Entre le métier de chercheur et celui d’artisan, il n’y a parfois qu’un outil. Un rabot à main par exemple. Cette proximité, Iris Brémaud, chercheuse au Laboratoire de mécanique et génie civil (LMGC) de Montpellier1 la vit au quotidien depuis près de vingt-cinq ans. Son fil rouge : le bois. Ou plutôt les bois, leur diversité et les usages, techniques et culturels, qu’en fait l’humanité. Patiemment, essence après essence, celle qui a choisi d’être scientifique par amour des plantes et de la lutherie étudie les facteurs mécaniques, biologiques et culturels qui ont fait l’histoire de ce matériau aux mille visages, ouvrant de nouvelles perspectives avec les chercheurs et artisans du monde entier qu’elle fédère autour de ce sujet.
Cette passion trouve ses racines en plein cœur des Cévennes, dans une zone rurale de montagne où Iris Brémaud grandit et développe une sensibilité forte au monde végétal. Là, loin de la ville, elle suit l’école à la maison. Son temps libre, elle le consacre à l’école du dehors : elle s’initie très vite à la musique et au travail du bois. Elle commence par de toutes petites réalisations, un peu d’ébénisterie, quelques sculptures sur bois, et puis une première guitare. Adolescente, elle renforce sa pratique en apprenant les bases du métier dans les manuels techniques, à partir de sources scientifiques ou historiques. « Cette autonomie m’a donné le goût d’apprendre. Mais surtout, de comprendre : j’étais également passionnée par les sciences ; et, par-dessus tout, je souhaitais aussi contribuer à des enjeux écologiques », se souvient-elle. Sa maîtrise de biologie végétale en poche, Iris Brémaud part en 1999 pour l’Angleterre suivre un apprentissage chez un grand luthier, spécialiste des luths Renaissance et Baroque. Car à cette époque, elle se rêve plutôt luthière. C’est un déclic. « J’étudiais quelque chose que je ne connaissais pas vrai...
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