« Je n'ai pas l'histoire de grands joueurs avec Roland-Garros, mais j'y ai une histoire particulière. La mienne. À 19 ans, je suis sorti des qualifications dans une ambiance de dingue sur le court n°7, à une époque où ce genre d'atmosphère n'était pas si fréquent, c'était encore très feutré. Plein d'amis de Corse étaient venus, il y avait tous les drapeaux, les chants, le chambrage... C'était un peu Furiani ! On m'en parle encore régulièrement. Roland, ce sont mes premières émotions en Grand Chelem. À cette époque, je m'entraînais là-bas. J'ai grandi sur ces courts, j'y ai été champion de France 15-16 ans... C'est trop de souvenirs ! Ça représente aussi ma carrière et ses bas.
D'abord, cette défaite crève-coeur contre l'Américain Steve Johnson, au premier tour en 2014. C'est à la fois mon plus beau et mon pire moment. J'étais sorti des qualifications et je menais 6-4, 7-6, 4-0. Si je bats le 64e mondial, alors que je suis 406e, des portes peuvent s'ouvrir. J'étais jeune, insouciant, je volais sur le terrain. Mais je perds le troisième set en ratant deux balles de match. Puis je perds le quatrième et je suis mené 3-1 au cinquième quand la nuit interrompt le match. Je me revois sous la douche, K.-O. debout, inconsolable, sonné.
Le match n'est pas terminé, mais dans ma tête, il l'est...
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