Phobiques de l’avion, attention ! L’atterrissage au Bhoutan tient de la haute voltige. Jusqu’au dernier moment, les montagnes semblent refuser toute négociation. L’appareil s’incline, contourne des sommets. Les forêts épaisses passent à hauteur de hublot, avant que la vallée de Paro ne se dévoile enfin. Une piste courte, encaissée entre rizières et rivière. Il n’y aura pas de seconde chance… Rien, ici, ne semble avoir été conçu pour faciliter l’arrivée.
Sur le tarmac, c’est le soulagement. À 2.200 mètres d’altitude, l’air est limpide, sec et frais. Décoré comme un pavillon monastique, avec ses fresques murales et ses charpentes colorées, l’aéroport donne le ton à un voyage hors du temps. À partir de là, plus rien ne presse. Les formalités s’accomplissent dans le calme et avec cette politesse qui deviendra rapidement familière. Pas de publicité tapageuse, pas d’écrans criards. Le monde extérieur est déjà loin.
Capitale à taille humaine, Thimphu a des allures de station de montagne. - Jean-Claude UrbainDepuis Paro, le cours d’eau enjambé de ponts suspendus guide les visiteurs vers une capitale à la modernité discrète. Thimphu : 115.000 habitants, pas de gratte-ciel, pas de fils électriques disgracieux, ni même de feux tricolores. À la place, au carrefour principal, un policier aux gestes chorégraphiés règle la circulation. Tous les bâtiments respectent les codes architecturaux du pays : fenêtres décorées de motifs floraux, façades blanches et cinq étages maximum. Les toits sont verts, sauf ceux des bâtiments officiels, peints en rouge.
La ville au développement récent semble jouer à être ancienne. Car la place de l’horloge est bien remplie...
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