Tout commence par un dernier regard, une dernière parole, un dernier instant que l’on ne sait pas reconnaître. Peut-on vraiment anticiper une "dernière fois" ? C’est la question soulevée par la philosophe Sophie Galabru, qui, un soir, a été conviée à une fête d’adieu dans une maison de famille.
Un événement à la fois joyeux et poignant : une famille se séparait d’un domaine transmis depuis un siècle, un lieu chargé de souvenirs et d’histoires. Cette célébration, à la croisée du rite et du renoncement, lui a inspiré une réflexion plus vaste sur ces moments où l'on ferme une porte sans savoir si on la rouvrira un jour. Sommes-nous maîtres de nos dernières fois ? Peut-on les organiser, les décréter, ou nous échappent-elles toujours ?
Sophie Galabru : Oui. C'est une expérience vécue il y a un an et demi. J'ai été conviée par une famille à venir fêter avec eux leurs derniers moments dans une maison. Ils avaient organisé des adieux. C'était à la fois joyeux et poignant. Ils se séparaient d'un domaine possédé depuis un siècle et dont chaque génération avait pris soin. C'était un refuge pour eux.
Ce moment, très sensible, m'a énormément touchée. Il a ressuscité mes propres dernières fois. C'est drôle d'organ...
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