«Je me suis parfois senti mieux compris que par un humain» : ChatGPT est-il (vraiment) un bon coach de running ?

LEquipe - 05/02
Face au coût des coaches et au regard parfois pesant du monde du running, certains choisissent de s'entraîner avec une intelligence artificielle. Avec quel résultat ?

Toutes les semaines, Émeline coche religieusement dans son tableau Excel ses trois à cinq séances de course à pied et de musculation hebdomadaires. La coureuse néophyte de 30 ans suit un entraînement entièrement personnalisé avec un objectif : courir son premier marathon - celui de Paris - le 12 avril 2026. S'aide-t-elle de Runna ? Decathlon coach ? Campus Coach ? Ou d'un vrai coach pour l'accompagner sur une telle distance ?

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Rien de tout cela. Son plan d'entraînement lui a intégralement été fourni par ChatGPT, l'intelligence artificielle développée par OpenAI. Lancé en novembre 2022, ChatGPT revendique plus de 800 millions d'utilisateurs et utilisatrices à travers le monde. Difficile d'estimer le nombre de coureurs et coureuses qui en sont adeptes, mais un Français sur quatre l'utilise tous les jours, pour sa vie personnelle.

L'IA pour pallier le sentiment de jugement

« Je ne voulais pas dépenser d'argent dans un coach running, principalement parce que je ne savais pas si j'allais m'y tenir », confie l'avocate parisienne originaire de Strasbourg. Un abonnement à une application de running coûte environ 150 euros par an (Campus Coach, Runna, etc.) (*), faire appel à un vrai coach entre 60 et 150 euros par mois. Ajoutez à cela le prix des chaussures, de l'habillement et des dossards pour les courses... Les sommes peuvent vite grimper. L'IA offre une solution gratuite, personnalisable à l'infini, disponible à toute heure de la journée ou de la nuit, peu importe où vous vous trouvez.

(*) Certaines applications, comme Decathlon coach, sont gratuites.
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Derrière la question budgétaire se cache un autre frein, moins visible : celui de la légitimité. Avant même de courir vite, beaucoup veulent d'abord courir « sans se sentir ridicules ». L'IA agit alors comme une entrée silencieuse dans une pratique parfois perçue comme élitiste, notamment à travers ce qu'on voit d'elle sur les réseaux sociaux : les allures élevées, les distances toujours plus longues, la glamourisation de l'effort physique.

Avec l'IA, les complexes s'effacent : pas de jugement ou de procès en légitimité. (F. Seguin/L'Équipe)

La coureuse alsacienne concède également qu'elle n'av...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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