Auditions parlementaires, consultations par des organismes publics, connexions avec la société civile, conférences… En 2025, nos articles ont eu des répercussions bien concrètes sur le débat public et sur la société. L’audience ne fait pas tout : à quel degré se mesure l’impact de nos publications ?
La crise de confiance dans l’information est désormais un constat largement partagé. Mais à force d’être invoquée, elle finit parfois par masquer l’essentiel : ce qui est en jeu n’est pas tant la défiance que la difficulté croissante à identifier ce qui fait autorité ou non. Dans un paysage informationnel polarisé, menacé par des logiques algorithmiques et par l’essor de l’intelligence artificielle, la question n’est plus seulement de produire de l’information fiable, mais également de comprendre en quoi cette information est réellement utile.
C’est dans ce contexte que la notion d’impact s’impose. Or le définir, le mesurer, le rendre visible suppose des choix : que considère-t-on comme significatif ? Réduire l’impact à des indicateurs de visibilité ou à des effets immédiats revient à ignorer une grande partie de ce que l’information produit à moyen et long terme : des cadres de compréhension, des références communes et des débats éclairés.
Le positionnement de The Conversation France s’inscrit précisément dans cette tension. En faisant le choix d’une information produite avec des enseignants-chercheurs, et adressée à un public le plus large possible, notre média occupe une place singulière dans l’écosystème informationnel. Ce positionnement exigeant ne vise ni la réaction immédiate ni la prise de position partisane, mais la mise à disposition d’une expertise contextualisée, capable de nourrir durablement la compréhension du monde.
Nous défendons une conception de l’impact liée à la transmission des connaissances, à la qualité du débat public et à la responsabilité des médias dans un environnement informationnel saturé. Cette deuxième édition de notre rapport d’impact marque donc une étape importante pour mieux comprendre et assumer ce que produire de l’information veut dire aujourd’hui.
Bonne lecture,
Caroline Nourry, directrice générale