Le merveilleux vol sans fin d'Alcaraz : conquérir l'Australie et boucler le Grand Chelem

Alejandro Ciriza - El País - 01/02
Le numéro un revient d'une finale mal commencée contre Djokovic (2-6, 6-2, 6-3 et 7-5, après 3h 02) et triomphe pour la première fois à Melbourne. Il est le premier (22 ans) à remporter le Big Four et est historiquement associé à McEnroe et Wilander.

"Quel animal tu es, mec!"

Il s’agissait d’une question d’histoire et les 25 disparaissent. Le 4 brille. Il ouvre ses portes au dernier exploit de Carlos Alcaraz, devenu à 22 ans et 272 jours le plus jeune joueur de tennis à conquérir un tournoi majeur de poker, plus précoce que l'Américain Don Budge (22 et 363). Le numéro un met la touche finale à l'Australie, un territoire prohibitif, donc difficile. Il y parvient lors de la cinquième visite, les mêmes que celle demandée par Rafael Nadal, qui le contemple et voyage vers ce passé qui n'est en fait pas si lointain. « Merci d'être là, c'est un privilège », lui dédie l'héritier, 22 ans, un prodigieux remplaçant que Novak Djokovic, 38 ans, subit dans sa chair.

Jamais une finale de Melbourne (2-6, 6-2, 6-3 et 7-5, après 3h02) n'avait enregistré un écart d'âge aussi important entre les uns et les autres. "Je vous félicite. Vous êtes très jeune, il vous reste beaucoup de choses. Continuez comme ça", dit le vice-champion, intégré à ce groupe exclusif des neuf qui ont réussi à terminer le Grand Chelem, dans la précipitation : Australie, Roland Garros, Wimbledon, US Open. Alcaraz les a déjà tous, qui l'aimaient et le serraient fort dans ses bras. Il laisse derrière lui Boris Becker et Stefan Edberg, et retrouve son septième majeur avec John McEnroe et Mats Wilander. "Personne ne sait à quel point j'ai travaillé dur pour y parvenir." Son adversaire, oui. Et il le combat, bien sûr.

Il y a un mythe qui le brode, réglant les comptes en quelque sorte et venant dire aux agnostiques que leur n'était pas du bluff, qu'il n'y a pas d'erreurs, de conformismes ou d'expirations, que si c'est là et continue c'est pour le faire. Et si… ? Il a envoyé Sinner deux jours plus tôt. "Peut". Lui, Djokovic. Dans toute sa dimension. Sans trous et soyeux quand il joue, ou archer, précis, immense à chaque fois qu'il frappe profondément avec ce coup droit qui est aujourd'hui devenu son revers. C'est votre atout dans le trou. Ainsi, en quelques tirs, on attaque. Sans temporiser. Et Alcaraz pense, pense et pense. Il ne peut ni l'attaquer, ni se défendre.

"C'est impossible, c'est impossible !"

Alcaraz embrasse le trophée du champion. Tingshu Wang (Reuters)

Le Serbe le sait. Pour lui, tout est au fond à la limite de la perfection, un peu comme ce qu'il faisait à son époque lorsque l'or olympique à Paris était ...
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