L'antimatière serait la clé de l'énigme de la mystérieuse explosion cosmique « The Cow »

Laurent Sacco - Futura Sciences - 24/01
Quelques supernovae atypiques ont été découvertes ces dernières années, comme AT 2018cow et SN 2018gep, au point de constituer une nouvelle classe mais dont on comprend mal la nature. Des...

Quelques supernovae atypiques ont été découvertes ces dernières années, comme AT 2018cow et SN 2018gep, au point de constituer une nouvelle classe mais dont on comprend mal la nature. Des astrophysiciens menés par des chercheurs travaillant ou ayant travaillé au Kavli Institute for the Physics and Mathematics of the Universe, à Tokyo, ont publié une nouvelle théorie à leur sujet faisant intervenir la production d'antimatière dans des étoiles très massives.

Comme Futura l'expliquait dans le précédent article ci-dessous, il a fallu attendre les années 1930 pour que l'Humanité commence à comprendre non seulement qu'il existait plusieurs types d'étoiles nouvelles, des « stellae novae » selon le mot de l'astronome Tycho Brahe, mais aussi leur vraie nature. Nous savons donc qu'il s'agit d'explosion d'étoiles dont la luminosité est transitoirement de l'ordre de grandeur d'une grande galaxie.

Un des moyens de classifier ces novae est de dresser leurs courbes de luminosité pendant plusieurs semaines. Si deux grandes classes ont été déterminées de cette façon, les astrophysiciens découvrent parfois des variantes selon ce principe et en fonction également des spectres des éléments associés à ces explosions. Parfois, ces variantes sont tellement exotiques que les chercheurs se demandent s'ils ne sont pas en présence de phénomènes cosmiques radicalement nouveaux. C'est le cas par exemple de deux explosions AT 2018cow et SN 2018gep qui ont été surnommées respectivement « the Cow » et « GEP ».

Tout récemment, le Kavli Institute for the Physics and Mathematics of the Universe (Kavli IPMU), à Tokyo, a mis en ligne un communiqué dans lequel il revient sur des publications faites dans The Astrophysical Journal par deux équipes internationales dirigées par deux des chercheurs associés à cet institut et qui pensent avoir réussi à trouver un modèle capable de rendre compte de ces deux supernovae atypiques particulièrement brillantes et dont le pic de luminosité est atteint tout aussi particulièrement vite si l'on compare aux supernovae plus classiques. Une nouvelle classe de supernova est même avancée pour the Cow et GEP,  Fast Blue Optical Transient (FBOT) en anglais. Ce nom s'explique en raison de l'évolution très rapide de la courbe de luminosité et d'une brillance importante dans la couleur bleue et l'ultraviolet.

Shing-Chi Leung, Ken'ichi Nomoto et leurs collègues pensent qu'une partie de la solution théorique à l'énigme des FBOT fait intervenir des étoiles tellement massives et donc chaudes en leur cœur que des réactions avec de l'antimatière peuvent prendre place.

Reprenons le texte avec quelques explications à ce sujet déjà fournies dans des articles de Futura.

Des supernovae à instabilité de paire

Il y a presque 50 ans, plusieurs astrop...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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