Donald Trump a un pouvoir singulier. Il a le don de chambouler l'alignement des planètes. Le 15 janvier, à Postdam, non loin de Berlin, la fête s’annonce pourtant jolie. Une partition réglée au cordeau. Pour l’armée de l’ombre des développeurs d’Amazon Web Services (AWS), c’est l’aboutissement de plus de deux ans de travail acharné. Ce jour-là, la filiale du géant américain de l’e-commerce dédiée au cloud annonce en grande pompe sa nouvelle offre. Un système de stockage, de protection et de traitement des données – l’or noir du XXIe siècle - entièrement dessiné pour les besoins des Européens, entreprises et entités publiques. Un cloud "souverain" qui assure une protection totale des secrets des clients contre les hackers trop gourmands et les vents mauvais de la géopolitique. Problème, au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un Donald Trump en roue libre multiplie les diatribes contre l’Europe, étalant au grand jour ses vues sur le Groenland.
Pour une entreprise américaine qui vend justement une promesse de souveraineté européenne, ce carambolage tombe mal. Comment rassurer les clients en leur promettant que leurs données les plus précieuses ne fileront pas aux Etats-Unis entraîner une nouvelle intelligence artificielle "Made in USA" ? Ou que sur un coup de tête, le fantasque président américain ne mettra pas la main sur certaines informations critiques, ou pire, coupera ce précieux service ?
AWS a finement joué en recrutant un Français, Stéphane Israël, l’ancien patron d’Arianespace pour diriger cette nouvelle entité. Après tout, l’homme a œuvré pendant plus de dix ans pour garantir une autonomie spatiale à l’Europe. Ce proche de Laurent Fabius fut aussi le directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg à Bercy, le chantre du "Made in France". A sa nomination, certaines ...
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