Trois ans après avoir fui l'Iran, Diako Alavi n'a que peu de nouvelles de sa famille éparpillée dans plusieurs villes du nord-ouest du pays, au sein de régions à majorité kurde. À cause des coupures d'Internet et des réseaux téléphoniques, en place depuis le début de la répression des manifestations, il n'a reçu que des messages avec des informations parcellaires.
"En toute honnêteté, je n'ai pas pu parler avec tout le monde. Je ne connais pas la situation de chacun d'eux, j'ai simplement appris qu'ils sont en sécurité. Ils sont toujours en vie", affirme cet homme de 37 ans, qui vit aujourd'hui en France.
La situation dans sa ville natale, Saqqez, semble beaucoup plus calme que lors des précédentes manifestations antigouvernementales. Cette ville kurde – dont était aussi originaire Mahsa Amini – a été le point de départ du mouvement de contestation "Femmes, Vie, Liberté" en septembre 2022.
Diako Alavi, comme de nombreux habitants, a assisté aux funérailles de la jeune Kurde et a participé à la première manifestation pour protester contre sa mort. Quelques mois plus tard, ce professeur d'anglais a été contraint de fuir son pays après avoir passé deux semaines en prison pour sa participation à ce mouvement de contestation.
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"La situation a été différente cette fois-ci", explique-t-il. "Les manifestations ont été très limitées dans certaines régions kurdes, peut-être par peur de la répression massive que l'on voit actuellement dans d'autres villes."
Alors que les manifestations de 2022-2023 s'étaient propagées de la périphérie kurde vers le centre du pays, les dernières protestations ont éclaté fin décembre au cœ...
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