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Le lit, où l'on s'abandonne aux câlins
Juan Evaristo Valls Boix - El País -
24/01
L'artiste Sophie Calle fait partie de celles qui soutiennent que le lit est l'espace dans lequel nous sommes le plus vulnérables, où se révèle notre condition d'interdépendance.
Les années 70 touchent à leur fin et Sophie Calle invente un jeu : "J'ai demandé à certaines personnes de m'accorder quelques heures de leur sommeil. Qu'elles viennent dormir dans mon lit." En échange, les étrangers endormis devaient se laisser photographier. Sa propre chambre fut occupée sans interruption par les rêves des autres pendant presque une semaine entière. Sophie notait les postures et les câlins, telle une ethnographe de la vie intime.
Cette recherche avait pour but de penser la chambre comme un territoire politique : le lit est l'espace où se déroule la rencontre avec les autres, et c'est pourquoi il est doux et généreux. Nous passons la moitié de notre vie à dormir et l’autre moitié à penser que dormir est une pratique privée et individuelle. Sophie Calle nous murmure dans nos rêves que c'est tout le contraire : lorsque nous dormons, nous nous abandonnons à l'étreinte de tous ces êtres qui, humains ou non, nous entourent et nous soutiennent. Là où nous sommes le plus vulnérables, parce que notre conscience se dissout, notre condition d’interd... [Courte citation de 8% de l'article original]
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