Aucun processus politique ne peut être efficace dans la logique de l’exclusion et des relations à somme nulle par lesquelles les conflits entre acteurs politiques, sociaux et civils sont gérés.
L’expérience tunisienne, depuis l’indépendance jusqu’à la période post-révolutionnaire, puis au coup d’État, a prouvé que l’exclusion n’est pas seulement une option morale inacceptable, mais qu’elle constitue également une recette sûre pour l’échec et l’instabilité politiques.
L'avenir politique de la Tunisie passe inévitablement par le démantèlement de la culture d'exclusion et la construction d'une nouvelle culture politique basée sur la reconnaissance mutuelle et le respect de la différence en tant que droit inhérent, avec un engagement en faveur de son administration démocratique et pacifique.
Dans ce contexte, le débat qui a eu lieu en Tunisie au cours de la période récente sur la possibilité de s'unir contre l'injustice revêt une importance particulière, non pas comme une simple réaction circonstancielle à la tyrannie, mais comme un apport nécessaire à l'approfondissement du débat sur les points de départ et les fondements d'une culture politique alternative dont le pays a besoin, non seulement pour sortir du tunnel du coup d'État, mais, ce qui est plus important, pour entrer réellement dans la modernité politique en tant que culture commune à tous les Tunisiens.
Le véritable défi ne se limite pas à renverser la tyrannie, mais plutôt à changer les règles du jeu politique de manière à empêcher la reproduction de la logique d’exclusion qui a ouvert la voie à celle-ci.
L’histoire de la vie politique en Tunisie, avant et après la révolution, révèle la domination de la culture de l’exclusion sous diverses formes : exclusion au nom de l’État national, puis exclusion au nom de la modernité, puis exclusion au nom de la révolution, jusqu’à l’exclusion au nom de la « correction du cap ». Cette culture ne se limitait pas aux seules autorités, mais de multiples forces politiques et cognitives y participaient, chacune croyant détenir le monopole de la vérité et de l’intérêt national.
La culture de l’exclusion repose sur la logique des relations à somme nulle : soit j...
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