Mimic, Blade 2, Hellboy, L'Échine du diable, Le Labyrinthe de Pan, Pacific Rim… Ou encore La Forme de l'eau, couronné de quatre oscars en 2018, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur : en presque trente ans, Guillermo del Toro est devenu le roi de l'arène du fantastique à taille humaine. Un marathonien du genre qui, à 57 ans, court toujours pour les univers merveilleux qui ont nourri sa cinéphilie et auxquels il ne cesse de rendre hommage dans des œuvres singulières, généreuses et, qu'on les apprécie ou non, systématiquement intègres. Un miracle dans la houleuse mer hollywoodienne, où cet ancien expert des effets spéciaux a très bien su naviguer sans perdre son cap (ou son étoile du nord, comme il le dirait lui-même).
Hélas naufragé au box-office américain (et visible sur nos écrans depuis le 19 janvier), son nouveau paquebot, Nightmare Alley, explore un autre pan de l'imaginaire du capitaine Guillermo : l'univers des films noirs. Un genre florissant à Hollywood entre les années 1930 et 1950, qu'il hybride ici avec sa fascination pour le spiritisme et pour les coulisses des « carnivals », ces fêtes foraines très populaires dans l'Amérique du XIXe et du début du XXe siècle. Adapté d'un best-seller de l'écrivain maudit William Lindsay Gresham publié en 1946 (et en France, dès 1948, sous le titre Le Charlatan), Nightmare Alley suit la trajectoire de Stanton Carlisle (joué par Bradley Cooper), un vagabond sociopathe et obsédé par l'ascension sociale dans l'Amérique d'avant-guerre. Initié à l'illusionnisme et au mentalisme par la voyante Mme Zeena (Toni Collette) dans un cirque itinérant, il quitte rapidement les fora...
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