La cellule investigation de Radio France avait dévoilé son existence le 2 janvier dernier. L'homme qui escroque des femmes seules et quelques couples depuis vingt ans poursuit ses arnaques, en changeant à chaque fois d'identité. Malgré sa condamnation à deux ans de prison et un mandat d'arrêt en 2025, il échappe toujours à la justice. Il a fait de nouvelles victimes dont nous avons recueilli les témoignages.
Elles sont six nouvelles victimes à se manifester après la diffusion de l'enquête de Radio France en janvier 2026. Deux couples et deux personnes seules. Elles s'ajoutent aux trente déjà identifiées par la cellule investigation. Les escroqueries s'étalent de septembre 2024 à janvier 2026, de l'Ardèche au chemin de Stevenson (au sud du Massif central) en passant par le Gard et la Provence.
En mars 2025, en Ardèche, Frédérick Q. [son véritable nom, nous n'avons conservé que l'initiale] se fait passer pour un couvreur sur LeBonCoin auprès d'un couple de quadragénaires qui souhaitait refaire la toiture de l'une de ses dépendances. "Il était prévu qu'il fasse un mois de travaux et il n'était pas question de le loger. Mais il a réussi à nous convaincre".
Il passera finalement six semaines chez eux, logé et nourri. "Nous en avions assez ma femme et moi, témoigne le propriétaire. Il faisait traîner le chantier, posait des nouveaux jours de congés et ne partait plus." Mi-avril 2025, prétextant des travaux à faire chez lui, il part pour mieux revenir, assure-t-il, et terminer la toiture, toujours en réfection. Une promesse qu'il ne tiendra pas. "Deux jours après son départ, il y a eu des orages. Le plafond de notre cuisine était détrempé, ça a bousillé les placoplâtres [qui servent à isoler les murs] enrage le propriétaire. J'ai dû les changer. Même chose dans la salle de bain, il n'avait pas fait l'étanchéité du toit. Tout a été inondé."
N'ayant pas déclaré ces travaux, le couple n'a pas eu droit à un remboursement des assurances. Un constat bien loin de l'image de cet homme décontracté, arrivé en moto chez eux, leur proposant de les tutoyer d'entrée. "C'est plus simple", avait-il dit. La suite s'est avérée infiniment plus problématique.
Quelques mois plus tôt, en septembre 2024, une femme divorcée, alors kinésithérapeute, élevan...
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