Habiter une maison avec fenêtres simple vitrage donnant sur une autoroute, ça ne vous tente pas ? Si protéger les riverains du trafic routier semble nécessaire et même une évidence, la question se pose aussi en mer. Où les riverains ne sont autres que les animaux marins, de la baleine au calmar. Et où la question du bruit anthropique, c’est-à-dire d’origine humaine, est de plus en plus prégnante. Notamment parce que, comme le signale Hervé Glotin, spécialiste en bioacoustique et chercheur au Laboratoire des sciences de l’information et des systèmes1, en Méditerranée, la flotte des cargos, de fret et de croisière double tous les trois-quatre ans. Et qui n’a pas déjà expérimenté le bourdonnement assourdissant de ces gros bateaux ? Or ce raffut s’entend non seulement dans l’air, mais encore plus sous l’eau, du fait des lois acoustiques (le son se propage plus vite dans l’eau que dans l’air et se répercute sur le fond et la surface).
Le crescendo de la pollution acoustique ne dépend pas seulement de la fréquentation en hausse des mers, mais aussi de l’augmentation de la vitesse des bateaux. « Un gros bateau qui va lentement est moins bruyant qu’un jet ski rapide », explique Hervé Glotin, qui analyse les sons produits par les cétacés et leurs comportements en fonction des bruits anthropiques.
Les paquebots ne sont donc pas les seuls responsables de ces nuisances. Les moteurs des petits véhicules de loisirs nautiques y participent aussi. Tout comme les exercices militaires utilisant des sonars, les forages, les e...
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