Offensive contre les factions kurdes d'Alep, massacres d'alaouites, affrontements et exactions entre groupes bédouins et milices druzes... la nouveau pouvoir syrien doit composer depuis la chute du clan Assad avec une mosaïque confessionnelle et ethnique pour maintenir l'unité du pays. Pourtant, c'est bien la majorité sunnite qui détient les clés de la stabilité de la nouvelle Syrie. Consciente de l’enjeu, la présidence a lancé en septembre 2025 un "bureau des tribus et des clans" avec à sa tête un ancien compagnon de route d'Ahmed Al-Charaa, Jihad Issa al-Cheikh, connu aussi sous le nom de guerre d'Abu Ahmed Zakour.
Expert des réseaux jihadistes à France 24, notre journaliste Wassim Nasr a pu plonger dans la fabrique de la réconciliation syrienne et rencontrer en exclusivité les acteurs clé du Bureau des clans dans ses trois antennes régionales à Alep, Hama et Idleb.
Ce sont dans les anciens locaux du parti Baas que le Bureau des tribus et des clans d’Alep a élu domicile aux côtés du Bureau des affaires politiques. Pour la nouvelle institution, la tâche consiste à maintenir l'unité entre les anciens ex-rebelles de l'ère Assad et les milices sunnites qui ont fait allégeance au dictateur avant de retourner leur veste face à l'avancée irrésistible de la coalition islamiste menée par Ahmed al-Charaa en novembre 2024. Un changement d'alliance qui a permis la chute de la capitale économique en seulement trois jours, accélérant la fin du règne du clan Assad.
La plus importante de ces milices, la brigade Al-Baker, bénéficiait également de financements de la part des Gardiens de la révolution iraniens et se voyait confier les appelés au service militaire de l’armée régulière syrienne. Un statut qui lui donnait un pouvoir de vie ou de mort ...
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