Patriotes, gens d'ordre

Antonio Muñoz Molina - El País - 10/01
Quand j’étais jeune, je croyais que les conservateurs étaient les adversaires contre lesquels je me révoltais ; Maintenant, ce sont les successeurs de ceux qui veulent tout détruire

Sur les images de la deuxième investiture de Donald Trump, il y a tout juste un an, il est difficile de distinguer l'un des rares invités étrangers. Au premier rang se trouve sa propre famille, alignée avec la même fierté que la famille de Don Corleone dans Le Parrain ; Au deuxième rang, suivant une hiérarchie visuelle semblable à celle d'une frise byzantine, les oligarques des entreprises technologiques sont regroupés, satisfaits et dociles, car le nouveau despote va tout mettre en œuvre pour leur assurer une primauté mondiale à laquelle aucun gouvernement étranger n'osera résister ; Il faut arriver au troisième rang pour trouver les membres du cabinet, ou du conseil des ministres, qui dans un pays aussi présidentiel que les États-Unis ne sont guère plus que des troupes, destinées à lui rendre un hommage qui ne suffit jamais, diffusé en direct à la télévision, sans aucune nouvelle dont aucun d'entre eux n'ait honte, ni même des limites de plausibilité dans une bassesse non moins que celle d'un courtisan du guide suprême de la Corée du Nord. C'est le monde maintenant. Très loin en arrière-plan, reléguée dans un espace étroit contre le mur, et plus difficile à voir en raison de sa petite...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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