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La prison la plus célèbre de Marseille ouvre ses portes à un restaurant unique
María D. Valderrama - El País -
09/01
Pour y accéder, vous devez déposer votre téléphone portable et passer les contrôles de sécurité. Son nom est Les Beaux Mets, où les détenus en réinsertion cuisinent, servent et apprennent une nouvelle vie. Une autre façon de transmettre des valeurs de convivialité, de bienveillance, de travail d'équipe et de rigueur.
Rémy Todesco attend aux portes de la prison des Baumettes qu'un gardien vienne le chercher. Avant de passer le contrôle de sécurité, il laisse son téléphone et ses effets personnels, y compris de l'argent liquide, dans un casier. Il va aujourd'hui entrer dans l'une des prisons les plus mythiques de France, celle avec laquelle ses parents lui faisaient peur quand il était petit s'il se comportait mal. « Si tu fais une bêtise, tu finiras aux Baumettes », lui disait-on. Puis il déglutit, imaginant à quoi ressemblerait sa vie enfermé derrière ces barreaux. « Venir manger aujourd'hui, c'est comme dire qu'il y a des choses positives ici aussi », estime ce Toulonnais de 41 ans. Todesco ne franchit pas les murs de la prison pour avoir fait « trop de bêtises ». Comme les huit autres civils qui l'accompagnent, il vient aux Beaux Mets, l'un des bistrots les plus atypiques de Marseille, situé au cœur de la prison.
Traverser les murs d’une prison n’est pas un geste banal. C'est ce que confirme le gardien de prison qui accompagne le groupe au restaurant. On ne connaît pas son vrai nom, mais les détenus l'appellent Patate Douce, patate douce en français. « Patate parce que je suis rond et doux parce que je suis gentil », plaisante ce fonctionnaire de 59 ans. C'est elle qui reçoit jusqu'à 42 convives qui peuvent y assister chaque jour, après validation de leur casier judiciaire, une procédure qui nécessite une réservation au moins quatre jours à l'avance.
La cuisine des Baumettes est ouverte aux visiteurs aujourd'hui.Samuel Aranda
Ce jeudi, il y a à peine une douzaine de clients, en une seule équipe. La scène fait penser à un contrôle de sécurité dans un aéroport, avec sca... [Courte citation de 8% de l'article original]
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