Saeed Laylaz à Euronews : des choses importantes vont se passer en Iran d'ici un mois ou deux

MSN - 04/01
Voilà déjà depuis une semaine, les Iraniens sont dans la rue dans une nouvelle vague de protestations contre le régime des ayatollahs. La conjoncture, tant intérieure qu'internationale, semble être défavorable au pouvoir. Quel avenir pour l'Iran ? Nous avons interrogé l'économiste Saeed Lailaz. View on euronews

Les récentes manifestations, initialement lancées dans les bazars de Téhéran, se sont rapidement propagées à d'autres villes. Il semble que les manifestants, dans la plupart des villes, appartiennent à des groupes à faibles revenus et scandent des slogans contre le gouvernement pour des raisons économiques.

Le 3 janvier, jour anniversaire de l'assassinat de Qassem Soleimani par les forces américaines en Irak, Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d'Iran, a réagi à ces manifestations en qualifiant de légitimes les revendications des manifestants, tout en ajoutant : « Un groupe de mercenaires ennemis incités à la violence se cache derrière les bazars et scande des slogans anti-islam, anti-iraniens et anti-République islamique», et d'ajouter : « Parler à un émeutier est inutile. Il faut le remettre à sa place. »

Au moins huit personnes ont été tuées lors des manifestations, selon Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l'homme. Le président américain Donald Trump a averti vendredi le gouvernement iranien que les États-Unis viendraient en aide aux manifestants si ce dernier tuait des protestataires.

Le lendemain de cet avertissement, les États-Unis ont lancé une offensive militaire contre le Venezuela, et Nicolas Maduro a été arrêté par les forces armées américaines et expulsé du pays. Ali Khamenei avait auparavant qualifié le Venezuela de partenaire le plus important de Téhéran sur la scène internationale lors d'une rencontre avec le président vénézuélien déchu.

Euronews s'est entretenu avec l'économiste Saeed Lilaz sur la vague des manifestations en Iran, ses conséquences, la possibilité d'une nouvelle guerre entre Israël et l'Iran, et enfin l'impact de la chute de Maduro sur le sort de la République islamique d'Iran.

Saeed Lilaz, économiste iranien, journaliste et ancien conseiller du président Mohammad Khatami, pense que quelque chose d'important va se produire dans le climat politique iranien au cours des deux prochains mois.

Monsieur Lailaz, certains affirment que les manifestations actuelles en Iran ne présagent pas d'une situation révolutionnaire, car la classe moyenne n'est pas prête à s'engager dans une telle action. D'autres, en revanche, estiment que le mécontentement économique est tel que les classes populaires pourraient pousser la société vers une situation révolutionnaire, et que la classe moyenne pourrait finir par les rejoindre. Quel est votre avis sur ces manifestations et leur potentiel ?

Le rythme de détérioration de la situation économique et sociale en Iran est à la fois rapide et croissant. Cette détérioration s'accentue également. La situation se dégrade tant sur le plan mental que matériel. Et il semble que le contrôle du gouvernement et du régime sur la situation s'affaiblisse de jour en jour.

Je ne crois toujours pas que la situation actuelle mènera à un renversement du gouvernement. Je pense que la République islamique est un système qui, à l'heure actuelle, n'a pas d'alternative même s'il est dans une impasse. Compte tenu de ces deux points (l'impasse du système et l'absence d'alternative), j'ai envisagé, il y a huit ans, que nous serions confrontés à un phénomène appelé bonapartisme.

Le bonapartisme se manifeste par le slogan « Reza Shah, que ton âme repose en paix », mais ce slogan ne signifie pas nécessairement que le peuple aspire au règne du petit-fils de Reza Shah (l'empereur de Perse (Iran) de 1925 à...
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