Les mondes de Philippe Descola

JournalCNRS - 04/01
L’anthropologue français le plus commenté à l’heure actuelle revisite sa trajectoire scientifique dans son dernier ouvrage. Pour «CNRS Le journal», il revient sur le rapport des hommes à la nature, propre à chaque culture, et sur la façon dont nous «composons des mondes».

Dans votre nouveau livre, La Composition des mondes, vous revenez, au fil d’un entretien avec le philosophe Pierre Charbonnier, sur votre parcours d’anthropologue, vos terrains en Amazonie et vos travaux. Pourquoi avoir eu envie d’écrire cet ouvrage ? Philippe Descola1 : Il s’agissait surtout de lancer des coups de projecteur sur des thèmes que j’ai abordés au long des années et qui méritaient d’être précisés. Les œuvres d’un auteur lui échappent. Elles sont appropriées, interprétées, déformées, reformulées, parfois enrichies, par les lecteurs. C’est probablement une bonne chose. Mais l’on ressent parfois le besoin de rectifier des exégèses tendancieuses, de clarifier des points qui prêtent à malentendu ; bref, de continuer à influer sur la manière dont on vous lit. Ce livre permettait aussi de corriger une tendance à l’achronieFermerCaractère de ce qui se situe hors du temps et s’inscrit dans l’intemporel et le continu. courante à la lecture, qui conduit à faire abstraction des circonstances historiques dans lesquelles un texte scientifique a été écrit, de sorte qu’on l’interprète à partir des questions du moment qu’il ne mentionne pas, mais qu’il a pa...
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