« Take a walk on the wild side » chantait Lou Reed dans le fameux hit seventies produit par David Bowie. En 1980, William Friedkin l’a pris au mot. En effet, le réalisateur américain de L’Exorciste a proposé aux spectateurs une nouvelle descente aux enfers. Une « balade du côté sauvage. » Une plongée en eaux troubles. Avec un film terriblement glauque, malsain et dérangeant : Cruising. La chasse. Un diamant noir, sorti en France sous Giscard, le 23 septembre 1980, avec une interdiction aux moins de 18 ans. « Tout ce que vous pouvez entendre au sujet de Cruising est vrai », prétendait d’ailleurs le slogan publicitaire de l’affiche de ce film précédé d’une odeur de soufre. Rare et peu diffusé à la télévision, ce polar urbain avec Al Pacino revient aujourd’hui en vidéo dans une belle édition qui propose le long-métrage pour la toute première fois en Blu-ray.
Mais aussi dans deux versions : celle sortie au cinéma en 1980 (Warner Bros. l’avait éditée en DVD en 2007). Et une autre, inédite, remaniée en 2019 par le réalisateur et plus longue de quatre minutes. Meilleure encore, cette nouvelle mouture offre en prime une restauration d’une beauté à couper le souffle (le négatif original 35 mm a été scanné en 4K, magnifiant la photo presque monochrome et les nuits bleutées du chef opérateur James Contner). Pourtant, ce film, Pacino a voulu l’oublier. Et aujourd’hui, Friedkin le regarde comme une anomalie (« Comment a-t-on pu monter un projet pareil sur un tel sujet, avec une star à l’affiche et un budget important ? » se plaît-il à répéter). L’action de ce thriller ultradocumenté se déroule en effet à New York dans un milieu très spécial. Un monde souterrain et sulfureux – en particulier voici plus de quarante ans. Celui des homosexuels adeptes des pratiques sadomasochistes. Une frange marginale et alors méconnue de ...
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