Mistrals, un souffle pour la recherche en Méditerranée

JournalCNRS - 27/12
Le programme de recherche Mistrals, créé sous l'égide du CNRS, s'achève après dix ans d'existence. Il a permis à plus de 1 000 scientifiques de 23 pays d'étudier l’environnement et les changements globaux en Méditerranée. Bilan de ses nombreux travaux, voués à perdurer sous d’autres noms et formes.

À l’interface de trois continents, berceau de l’agriculture, avec le Croissant fertile (au Moyen-Orient), la Méditerranée tient une place centrale à la fois dans l’histoire et pour l’avenir de l’humanité. La région est cependant particulièrement fragile et les températures y augmentent plus vite que la moyenne mondiale. Les enjeux sont tels que plus d’un millier de chercheurs, issus d’une trentaine de pays, se sont réunis au sein du programme Mistrals (Mediterranean integrated studies at regional and local scales, études intégrées de la Méditerranée aux échelles régionales et locales). Fondée en 2010 par le CNRS, cette action coordonnée de recherche touche cette année à sa fin, l’occasion d’offrir un vaste état des lieux sur la Méditerranée.

Nous savons déjà que la Méditerranée se réchauffe plus vite que le reste de la planète. Nous devons cependant mesurer les impacts dans différents domaines, comme les ressources en eau, les événements extrêmes, la biodiversité, l’agriculture, les milieux marins, etc.

« L’idée de créer un grand “chantier Méditerranée” organisant les recherches françaises a émergé en 2005, lors d’une prospective scientifique de l’Institut national des sciences de l’univers (Insu) du CNRS, situe Cyril Moulin, directeur adjoint de l’Insu et responsable de Mistrals depuis 2017. Cette initiative a par la suite trouvé un écho politique favorable avec la création, largement impulsée par la France en 2008, de l’Union pour la Méditerranée, afin d’accroître les collaborations entre les pays européens et méditerranéens. » En plus du CNRS et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), dix organismes de recherche publique français1 se sont progressivement impliqués dans la structure. Malgré les efforts de Mistrals pour internationaliser le programme, les autres pays n’ont pas suivi au niveau du financement. Mais Mistrals a tenu bon : « Nous sommes quand même parvenus à travailler avec de nombreux collègues étrangers », se réjouit Cyril Moulin.

Mistrals comprend différents programmes thématiques, répartis sur cinq grands axes : climat, environnement et sociétés, cycle de l’eau et événements extrêmes, pollution et contaminants, systèmes écologiques et biodiversité et, enfin, impacts du changement climatique au XXIe siècle. L’importance des questions climatiques n’est pas anodine, la Méditerranée se tient en effet à l’interface des climats tempérés d’Europe et de ceux, plus arides, de l’Afrique du Nord : de légers déplacements des zones de pluies suffisent ainsi à l’aridification des terres fertiles. Malgré ce contexte et la forte population vivant sur ses rives, la Méditerranée n’est pas traitée comme une région à part entière dans les rapports sur le changement climatique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), divisant les mesures et les analyses entre plusieurs continents. Un groupe d’experts internationaux, le MedECC (Mediterranean experts on climate and environmental change, experts méditerranéens sur le changement climatique et environnemental), s’est donc constitué en parallèle de Mistrals pour combler ce manque.

Des expertises sur le cycle de l'eau et les phénomènes extrêmes

Historiquement, les deux premiers programmes de Mistrals son...
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