Le 9e art vit une forte turbulence. L'édition 2026 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême est officiellement annulée. En attendant la prochaine, voici une sélection éclectique qui a ravi la rédaction de franceinfo Culture.
Objet et sujet, dessin et histoire, Hazara Blues. Téhéran, Kaboul, Paris est une œuvre unique sur l'altérité et l'exil. "Ce pays est beau mais ce n'est pas le vôtre" : combien d'exilés ont entendu cette phrase. Déracinés, ils ne sont bienvenus nulle part. Enfant, Reza lit ce slogan dans la rue à Téhéran. Né en 1980 à Mashhad, Reza est afghan et appartient à la communauté Hazara, minorité chiite persécutée en Afghanistan et discriminée en Iran. L'ouvrage est porté par le dessin flamboyant de Yann Damezin, qui épouse un graphisme d'inspiration perse jusqu'à donner à cette autobiographie les allures d'un conte moderne. L'album nous entraîne ainsi dans le parcours du combattant d'un demandeur d'asile. Ce récit est d'autant plus puissant que la trajectoire de Reza Sahibdad est loin d'être un long fleuve tranquille. Il a dû faire face à l'ostracisation, au racisme, au rejet. Il a subi les réprimandes et les discriminations. Parce qu'autre. Là-bas, ici, ailleurs. Heureusement, Reza a une lumière dans sa vie : le cinéma. Bouleversant.
"Hazara Blues. Téhéran, Kaboul, Paris", Reza Sahibdad et Yann Damezin, Sarbacane, 240 pages, 28 euros
Couverture de l'album "Hazara Blues. Téhéran, Kaboul, Paris" de Reza Sahibdad et Yann Damezin. (EDITIONS SARBACANE)Un grand coup de cœur pour cette impressionnante expérience graphique et narrative. Le trait est généreux, affirmé. Detroit Roma est un roadtrip initiatique résolument féministe. Becki et Summer sont en quête de sens et d'identité. À bord d'une vieille voiture, les deux jeunes filles quittent leur ville natale, Detroit (É...
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