Champagne : pourquoi le sucre disparaît des bulles

Par Philippe BidalonPublié le 18/12/2025 à 10:43 - L'Express - 18/12
La tendance au "moins dosé "gagne du terrain. Une évolution discrète, mais révélatrice d’un changement plus profond : celui des goûts, des pratiques et d’une certaine culture du vin.

La viticulture française connaît une zone de turbulence, mais porte en elle les germes d’un renouveau prometteur. Si la consommation évolue et les volumes reculent, une dynamique nouvelle se dessine. Les jeunes générations veulent de la transparence, des vins plus légers, et des histoires authentiques. Et la France a un atout incomparable : la diversité de ses terroirs et le savoir-faire de milliers de vignerons qui innovent déjà : bio, sans soufre, sans sucre, faibles degrés, cuvées plus accessibles, œnotourisme repensé, etc. Si la filière continue à s’adapter, à écouter les attentes et à valoriser ses forces, la viticulture française peut rebondir, et redevenir aussi un moteur culturel et économique. Le vin change et l’avenir reste ouvert.

Il flotte aujourd’hui sur la Champagne un parfum de changement, discret mais tangible, comme ces bulles minuscules qui se forment dans le verre et montent lentement, silencieuses, vers la lumière. Pendant des décennies, le vin des sacres a vécu sous le signe du confort : le Brut, classique, équilibré, rassurant, occupait la quasi-totalité de l’espace. Le sucre, allié fidèle, arrondissait, polissait, garantissait la douceur d’une fête réussie. Mais depuis quelques années, un frémissement perceptible s’insinue dans les crayères et les caves. Le sucre recule, et avec lui, une certaine idée du vin. Les cuvées à faible dosage, Extra-Brut et Brut Nature, longtemps anecdo...
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