Salary cap, contrat d’image, crédits aux internationaux... : Philippe Spanghero décrypte les règles financières du Top 14

David Reyrat - LE FIGARO - 18/12
ANALYSE - Alors que la LNR planche sur des aménagements qui seront votés début 2026, le dirigeant de l’agence Team One, groupe de conseil en stratégie de communication auprès des acteurs du sport, détaille, pour le Figaro, les bienfaits, et les effets pervers, du système actuel.

LE FIGARO. - La LNR devrait annoncer en début d’année une augmentation du salary cap , passant de 10,7 millions d’euros à 11 M€. Qu’est-ce que cela va changer pour les clubs de Top 14 ?Philippe SPANGHERO. - Pas grand-chose dans les montants, mais, dans la philosophie, c’est important. Le rugby français a été plutôt raisonnable. En 2020, la Ligue avait décidé de baisser le plafond, qui était de 11,3 M€, à 10,7 M€. Une décision pas évidente à prendre alors que l’économie continuait à se développer. Et une problématique pour les clubs qui prennent sous contrat les joueurs à gros salaires pour trois ou quatre ans. Changer les règles en cours de route, ça complique fortement la gestion de la masse salariale. C’était donc une décision forte. Et sage. Parce que quasiment tous les clubs perdaient de l’argent, l’économie était encore plus fragile que ce qu’elle est aujourd’hui. Quand on regardait ce qu’il se passait en Angleterre, notre seul vrai concurrent en termes de modèle économique, avec une ligue forte qui se cassait la gueule, ça n’avait aucun intérêt de continuer à faire de la surenchère entre nous. Ça créait une bulle spéculative qui n’avait aucun sens. Mais là, le fait de dire, «le taux d’affluence moyen est en train d’exploser, les budgets des clubs augmentent, il faut qu’on revoie un peu la copie» au-delà du montant symbolique, ça amorce une réouverture positive.

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