La vie réserve des surprises… Jamais Claude Lorius, lorsqu’il était étudiant en sciences physiques dans son Besançon natal, n’aurait imaginé être un jour le héros d'un film de cinéma ou monter les marches du dernier festival de Cannes à l'âge vénérable de 83 ans. Mais il faut être prêt à tout quand on a le sens de l’aventure ! Et l’aventure, le glaciologue qui totalise près de 20 expéditions en Antarctique – soit l’équivalent de six années passées sur place – en connaît un rayon… Le fondateur de la climatologie moderne, médaille d’or du CNRS en 2002, auquel Luc Jacquet a consacré son film La Glace et le Ciel ne rêvait pourtant pas d’étendues gelées lorsqu’il était adolescent – il voulait devenir footballeur professionnel comme son frère aîné, gardien de but à Sochaux. C’est une petite annonce affichée en 1955 sur les murs de l’université de Besançon qui l’entraîne vers le continent blanc : « On recherche jeunes chercheurs pour participer aux campagnes organisées pour l’Année géophysique internationale. » « C’était la première fois que la recherche s’intéressait aux régions polaires, qui n’avaient jusque-là été parcourues que par des explorateurs, raconte Claude Lorius. On ne savait quasiment rien d’elles… »
Pour l’occasion, la France dispose de deux sites d’observation en Antarctique : la base côtière de Dumont-d’Urville, en Terre Adélie, et la station Charcot, fraîchement installée au cœur du continent, à 310 kilomètres de là… Il débarque à Charcot la veille de Noël 1957, après une formation de deux mois au Groenland pour s’initier aux rudiments de la glaciologie et une ...
[Courte citation de 8% de l'article original]