Dans son article dans Foreign Affairs, Amaka Anko, chef du département Afrique du Groupe Eurasie, analyse l’impact des « politiques coercitives » du président américain Donald Trump sur le continent africain, affirmant que les pays africains auront de bonnes chances de prospérer dans l’ordre international post-libéral s’ils mobilisent leurs efforts pour accélérer le rythme de l’intégration économique sur le continent, créer des marchés plus vastes et accélérer l’industrialisation.
Elle estime que le Nigeria et l’Afrique du Sud en particulier sont dans une position favorable pour diriger l’Afrique à cette époque, non seulement parce qu’ils sont les deux plus grandes économies d’Afrique subsaharienne, mais aussi parce qu’ils ont un historique de coopération conjointe pour faire progresser les intérêts africains.
Carte de l'Afrique du Sud (île)Alors que le président américain Donald Trump démantèle l’ordre international libéral apparu après 1945, certains analystes estiment que cette perturbation pourrait avoir un impact positif pour les pays en marge de l’ordre ancien. Selon cette logique, les pays africains seraient mieux à même d’attirer des investissements et des opportunités commerciales sous un régime moins préoccupé par les questions de démocratie et de bonne gouvernance.
Mais dans le monde de Trump, où les « politiques coercitives » remodèlent la géopolitique, les pays ayant une influence limitée sur l’économie mondiale courent de nombreux risques. Le succès à l’ère des politiques transactionnelles nécessite une influence qui manque à la plupart des pays africains. Même si le continent africain abrite environ 20 % de la population mondiale, il ne représente que 5 % de son activité économique.
Néanmoins, les pays africains ont de bonnes chances de prospérer dans l’ordre international post-libéral s’ils unissent leurs forces. Une coordination étroite, même si elle implique quelques pays africains influents, accélérerait le rythme de l’intégration économique sur le continent, créerait des marchés plus vastes et accélérerait l’industrialisation. Renforcer la cohésion donnerait également à la région une plus grande influence dans les négociations commerciales et d’investissement avec les puissances extérieures.
Même si cette coordination est difficile à réaliser, elle n’est pas totalement impossible. Alors que les anciennes colonies africaines obtenaient leur indépendance des empires européens en déclin entre les années 1950 et 1970, les pays africains se sont unis autour de leur engagement commun en faveur de l’autodéterm...
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