Le gouvernement du Monténégro veut aller de l'avant avec une réforme « en profondeur » de la législation du travail, qui a fait beaucoup parler. Il s'agit de plus de 100 modifications du Code du travail, qui concernent notamment les contrats, la gestion du temps de travail, la parentalité et les licenciements. Le projet de modification du droit du travail a été tellement contesté par les syndicats qu'il a même conduit à programmer une grève générale pour ce jeudi 11 décembre, la première grève commune depuis 2013. On vous explique tout ce qui pourrait changer dans le droit du travail à partir de 2026.
La proposition intitulée "Travail XXI" a été présentée par le gouvernement comme une révision "en profondeur" de la législation du travail, car elle envisage des modifications à "plus d'une centaine" d'articles du Code du travail. Après tout, des changements sont prévus dans le domaine de la parentalité, par le biais de licenciements et même de prolongations de contrats ou de secteurs désormais couverts par le service minimum en cas de grève.
Mais cette proposition de modification du droit du travail n’a pas été bien accueillie par tout le monde. D'un côté, les associations patronales ont salué la réforme, estimant qu'elle "constitue une bonne base de négociation", même si elles estiment qu'il y a place à amélioration. D’un autre côté, les fédérations syndicales ont donné un « non catégorique » à la proposition, arguant qu’il s’agit d’un « revers civilisationnel » et d’une « attaque contre les travailleurs », étant donné qu’elle affaiblit la protection des travailleurs et déséquilibre les relations de travail en faveur des « patrons ». C'est pour cela qu'ils ont appelé à la grève générale.
Après l'annonce de la grève générale convoquée pour le 11 décembre, le gouvernement a remis à l'Union générale des travailleurs (UGT) une nouvelle proposition avec quelques concessions, par exemple en abandonnant la simplification des licenciements dans les entreprises moyennes, mais en maintenant le retour de la banque d'heures individuelle ou en abrogeant la règle qui prévoit des restrictions à « l'externalisation » en cas de licenciement. Mais la centrale syndicale a estimé que c'était "trop peu" pour annuler la grève.
Mais pourrait-il y avoir davantage de concessions de la part de l’exécutif monténégrin ? Le ministre du Travail, Rosário Palma Ramalho, a déjà déclaré que le gouvernement "n'est pas disponible pour retirer l'intégralité de la proposition" et qu'il souhaite maintenir les "lignes directrices", même s'il est ouvert au dialogue et donnera "plus de temps" à la centrale syndicale pour analyser la nouvelle proposition. Et la responsable gouvernementale a également prévenu qu'elle "ne perpétuera pas" la négociation en Concertation sociale et qu'avec ou sans accord, les changements devront toujours être débattus et négociés au Parlement.
Pour le Premier ministre Luís Monténégro, c'est le moment idéal pour avancer dans la modification de la législation du travail, car le pays connaît actuellement une stabilité politique, économique et financière. « Ce n’est pas quand nous sommes en difficulté qu’il faut improviser des réformes qui transforment nos structures », a-t-il souligné. C’est en ce sens que le Monténégro veut profiter de « l’opportunité » du moment actuel pour aller plus loin et croître de plus de 3 % par an au lieu de 2 %, atteindre un salaire minimum de 1 500 euros au lieu de 920 euros et atteindre un salaire moyen de 2 000 ou 2 500 euros au lieu de 1 500 euros.