De retour d'exil, l’ex-rebelle n'en revient pas. Dans cette ville de la banlieue de Damas, l'une des premières à rejoindre la contestation, quelques-uns de ses graffitis ont échappé à la destruction parmi la trentaine dessinés alors.
Celui-ci par exemple, qui retrace l'évolution tragique de la "révolution syrienne": violon à l'épaule, une femme en robe de mariée mène la danse suivie d'un soldat, d'un rebelle, d'un jihadiste armés de Kalachnikovs. Sur le mur d'une maison en ruine dans un quartier en ruine, le graffiti criblé de balles est éborgné par endroits, déchiqueté par d'autres.
Mais il est toujours là. C'est "une victoire", dit Bilal Shorba, 31 ans. "Malgré l'entrée du régime dans la région, malgré notre exil, ces simples graffitis sont restés et le régime est parti."
Daraya occupe une place particulière dans l'histoire de la révolution syrienne.
C'est ici, qu'à ses prémices en mars 2011, des manifestants ont offert des fleurs aux militaires. Ici aussi que les forces gouvernementales ont perpétré en août 2012 leur pire campagne d'exécutions sommaires. Assiégée ensuite pendant des années, Daraya sera la seule ville syrienne totalement vidée.
Trois ans, de 2016 à 2019, sans un seul de ses 250.000 habitants avant-guerre contraints par le pouvoir à l'exode, partis en Europe ou dans les pays voisins durant la grande vague migratoire commencée en 2015 ou bien réfugiés à Damas à sept kilomètres de là.
Avec une petite valise où il avait fourré "des vêtements pour deux ou trois jours, des crayons de couleurs, un cahier de dessin et un exemplaire des Misérables" en arabe, Bilal Shorba, originaire de Damas, avait rejoint la ville en 2013 pour porter les armes aux côtés des rebelles.
Il y est resté trois ans...
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