L'agriculture française coule lentement depuis 15 ans. À cet égard, deux indicateurs chiffrés sont parlants. Premièrement : entre 2010 et 2024, le revenu agricole réel par actif non salarié, inflation déduite, n'a augmenté que de 15 % en France, comparé à 77 % en moyenne en Europe, 170 % en Italie, 89 % en Pologne, 79 % en Espagne et 49 % en Allemagne. Deuxièmement : l'excédent commercial agroalimentaire de la France, stable entre 2000 et 2010 autour de 9 milliards d'euros et réparti en deux moitiés égales entre l'UE et les pays tiers, s'est profondément et continûment dégradé avec les autres pays européens.
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La France est devenue déficitaire à l'intérieur de l'UE à partir de 2015, un scandale pour la première agriculture européenne. Ce phénomène a été longtemps occulté par des gains presque équivalents de 6 milliards d'euros vers les pays tiers portant l'excédent « pays tiers » à une dizaine de milliards. Depuis 2024, l'excédent pays tiers, tout en restant nettement positif, se dégrade sous l'effet de la flambée des prix du café et du cacao, de la très mauvaise récolte des céréales de 2024 et de la chute de leur prix en 2025, et de la baisse des exportations des vins et spiritueux en 2025 suite aux mesures protectionnistes américaines et chinoises. Ainsi, pour la première fois en 50 ans, le commerce extérieur agroalimentaire de la France pourrait être déficitaire en 2025. La France est passée de deuxième exportateur agroalimentaire mondial en 2000 à sixième aujourd'hui, talonnée par l'Espagne, qui va bientôt la dépasser.