Qui règne à Marseille, la capitale des gangs français ?

لونا ذوايبية - Aljazeera - 27/11
La scène des funérailles de Kisasi a révélé l'effondrement de l'équation, et l'autorité légitime semblait défendre sa présence en protégeant les funérailles et rien de plus, et non en protégeant un quartier ou une ville entière ravagée par les trafiquants de drogue et dont les habitants étaient ravagés par le cancer de la cocaïne.

Dans diverses régions du monde, la France est toujours fortement présente et contrôle les destinées des gouvernements et des peuples d'Afrique et du Moyen-Orient, à travers des services de sécurité et des bases militaires qui comptent des dizaines de milliers de soldats.

Mais cet État, qui occupe un siège permanent auprès des puissants militairement et économiquement, est totalement absent d’une de ses villes les plus importantes, remplacé par un système judiciaire, sécuritaire, fiscal et même économique parallèle.

Cette réalité pose la question de savoir qui impose son pouvoir à Marseille, qui fut autrefois l'une des plus belles villes françaises.

Au soir du 13 novembre 2025, une vieille blessure sociale saignait sur le littoral marseillais et ne pouvait plus être cicatrisée. Mehdi Kessasi a été tué par des balles initialement destinées à assassiner son frère, Amine, un militant politique affilié au Parti Vert, qui a déclaré la guerre à la mafia de la drogue.

Lors des funérailles de Mehdi, la ville s'est transformée en une scène qui résumait tout : des unités spéciales stationnées sur les toits, des tireurs d'élite surveillant le ciel et des postes de contrôle de sécurité tenus par des forces d'élite. En arrière-plan de la scène se trouvait la protection privée et personnelle d'un jeune militant algérien, tout comme la protection individuelle des chefs d'État. Le jeune homme n’était plus seulement confronté à un gang, mais plutôt à un système qui s’était enraciné dans le vide laissé par l’État.

Cette alerte n'a pas été comprise en raison d'un seul crime, mais le contexte nous ramène à un autre corps retrouvé en décembre 2020, calciné dans une voiture en feu, et la victime était Ibrahim Kisasi, le frère aîné d'Amin Kisasi.

L’ensemble de la salle des opérations qui protégeait les funérailles de l’adolescent assassiné et de son frère militant ciblé incarnait plusieurs aspects :

  • Le passage de Marseille de l'espace de la délinquance traditionnelle à l'espace de la structure mafieuse intégrée.
  • Il forme des réseaux qui contrôlent les quartiers, commettent des assassinats et infiltrent les prisons.
  • La pénétration de ces réseaux dans les ports, reconnectant la ville aux routes de contrebande.

Tout cela dans une scène qui a révélé l'effondrement de l'équation traditionnelle, dans laquelle l'autorité légitime semblait être en mesure de défendre sa présence en protégeant les funérailles et rien de plus, et non de protéger un quartier ou une ville entière ravagée par les trafiquants de drogue et dont les habitants sont ravagés par le cancer de l...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...