Le printemps est une saison de transition, où la terre nue se transforme en quelque chose de vivant et de prometteur. C'est aussi le nom que la chef Skye Gyngell, décédée à 62 ans, a choisi pour son restaurant londonien. Elle a dit que c'était sa saison préférée, mais la vérité est qu'elle a embrassé les quatre et les a vécues pleinement.
Gyngell était singulière : elle avait le palais d'un chef et la palette d'un artiste. Ces cadeaux jumeaux se sont rencontrés dans une nourriture à la composition picturale, délicate dans ses détails et adaptée aux notes changeantes de la nature.
C’est cette interaction qui l’a rendue si séduisante, la plaçant au cœur d’un mouvement qu’elle n’a jamais cherché à diriger, mais qu’elle a pourtant indéniablement cherché à diriger à sa manière, calme et sans compromis. C'est pourquoi elle est l'une des chefs les plus marquantes de sa génération.
J'ai connu Gyngell bien avant qu'elle me connaisse. Même si je ne lui ai jamais dit, le premier repas que j'ai pris à Londres a eu lieu dans son restaurant Petersham Nurseries, ouvert en 2004. J'ai fait semblant de chercher la salle de bain juste pour pouvoir marcher jusqu'au petit abri de jardin où elle cuisinait. C’était une silhouette magnifique e...
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