Avec l’IA, les besogneux vont-ils prendre leur revanche sur les beaux parleurs ?

Romane Ganneval - LePoint - 18/11
Au travail, les beaux parleurs ont longtemps détenu le pouvoir. Mais la généralisation de l’Intelligence artificielle montre qu’un discours bien tourné ne suffit plus et remet les opérationnels au centre du jeu.

Dans beaucoup d'entreprises, la séparation entre ceux qui parlent du travail et ceux qui le font vraiment est devenue presque caricaturale. Les premiers passent l'essentiel de leurs journées à réfléchir à la stratégie, fixer les priorités des services, choisir les indicateurs de performance. Ils parlent avec éloquence, expliquent avec un vocabulaire adapté aux circonstances, cadrent avec assurance, s'amusent à réorganiser pour impulser un changement et réfléchissent au storytelling, sans toujours imaginer que leurs décisions planent au-dessus du réel.

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Les seconds, qu'on appelle aussi opérationnels, récupèrent ce qui tombe d'en haut. Ils exécutent, produisent, gèrent les imprévus qui n'apparaissaient dans aucun plan et tentent de tenir les délais avec les moyens dont ils disposent. Contrairement aux premiers, ils savent tout de suite ce qui va bloquer, ce qui n'a pas de sens sur le terrain. Mais ils n'ont ni le temps ni l'espace pour le dire : ce n'est pas ce qu'on leur demande. Entre ces deux acteurs essentiels...
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