« Focalisés sur l'objectif. » Quand ils pénètrent dans le Bataclan, ce 13 novembre 2015, Corinne et Jay doivent mettre de côté leurs ressentis pour accomplir leur mission. Cette policière de 45 ans à l'époque fait partie des effectifs mobilisés pour effectuer les constatations sur les corps enchevêtrés afin de permettre les identifications, « pour les familles », insiste celle qui était alors cheffe de groupe criminel au 2e district de police judiciaire (DPJ).
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Chef de groupe opérationnel à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention), Jay, 42 ans, pénètre lui dans la salle de concert avec son équipe sans savoir où et combien sont les terroristes. « Nous à la BRI, on s'est occupés des vivants », « et nous des morts », confient dans une même phrase ces deux policiers qui témoignent ensemble, dix ans après les attentats du 13 novembre 2015. Et d'ajouter : « S'occuper de la meilleure façon des morts c'est aussi aider les vivants, leurs proches. »
Le Point : Vous expliquez combien vous avez dû vous concentrer sur la mission à accomplir quand vous entrez dans le Bataclan, et mettre de côté votre ressenti face au massacre que vous découvrez…
Jay : Quand on entre, sous la lumière blafarde des projecteurs, tout le monde est couché. On croit qu'ils sont tous morts parce que personne ne bouge. On comprendra après que dès qu'ils faisaien...
[Courte citation de 8% de l'article original]