Dix ans après, un accord de Paris aux résultats mitigés

JournalCNRS - 07/11
En 2015, l’accord de Paris, signé par 195 pays, visait à limiter le réchauffement du climat à 2 °C. Dix ans après, les résultats se font attendre. De quoi interroger l’efficacité des COP, ces grand-messes climatiques, dont la trentième édition s’ouvre ce lundi au Brésil.

C’est un drôle d’anniversaire que celui de l’accord de Paris sur le climat. Il y a tout juste 10 ans, 195 pays adoptaient par consensus l’objectif de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre « dès que possible », afin de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 °C par rapport à la température de l’ère préindustrielle (et, si possible, en-dessous de 1,5 °C). Pour la première fois, le monde entier se tenait au chevet du climat, reconnaissant l’urgence d’agir.

Pourtant, une décennie plus tard, on semble loin du compte… Alors que la 30e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 30) s’ouvre à Belém, au Brésil, le 10 novembre 2025, c’est aussi l’heure du bilan d’un accord aussi inédit que la situation qu’il vise à résoudre.

L’accord de la dernière chance

Une chose est sûre : le samedi 12 décembre 2015 restera dans les annales de l’histoire de la gouvernance mondiale. À 19h29, dans une ambiance électrique, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et président de la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), abattait son marteau sur le pupitre, scellant un accord immédiatement salué par une longue ovation de la salle plénière du Bourget. « Notre responsabilité est historique, car nous sommes la première génération à prendre conscience du problème et la dernière à pouvoir agir », déclarait le responsable politique.

Pour limiter le réchauffement de la température planétaire à 2°C, la sortie des énergies fossiles au profit du renouvelable n'est pas une option. Elle tarde pourtant à se concrétiser.

Les pays signataires, se fondant sur les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), s’engageaient à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à travers des plans nationaux volontaires appelés « contributions déterminées au niveau national » (CDN), révisées tous les cinq ans.

À Paris, on a assisté à la naissance d’une forme de diplomatie fondée sur la science et aboutissant à un accord universel reflétant une prise de conscience globale.

S’ajoutait à cet engagement la nécessité pour les pays développés d’apporter une aide financière aux nations...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...