Neuf mois après son exfiltration du Gabon, et à quelques jours de l'ouverture de son procès à Libreville – auquel il ne se rendra pas, évoquant les actes de torture subis durant son incarcération –, le fils aîné du président déchu Ali Bongo veut faire entendre sa version des faits. Convaincu qu'un procès juste et équitable ne peut se tenir au Gabon, Noureddin Bongo, réfugié à Londres, a choisi de rompre l'accord de non-divulgation passé avec le nouvel homme fort du pays Brice Oligui Nguema en personne puis ratifié par écrit pour s'expliquer devant l'opinion publique.
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Pour Le Point Afrique, il revient, pour la première fois dans la presse française, sur les événements qui ont bouleversé sa vie et celle de sa famille. Et, vidéos à l'appui – réalisées à l'aide une caméra cachée lors des derniers mois d'emprisonnement – il se défend des accusations portées à son encontre.
Considéré comme le bras droit de son père durant des années, au lendemain du coup d'État du 30 août 2023, il est accusé par les militaires de détournement de fonds publics, de blanchiment d'argent, d'usurpation d'identité, de faux et d'usage de faux par les autorités gabonaises.
Dans cet entretien exclusif, celui qui incarne pour beaucoup de Gabonais le visage d'un système corrompu semble vouloir préserver l'héritage politique de son père et évoque l'avenir incertain du pays dont il a été contraint, dit-il, de s'enfuir. Entretien.
Le Point Afrique : Le soir du coup d'État du 30 août 2023, vous êtes arrêté. Racontez-nous ce moment précis : comment s'est passée votre interpellation ?
Noureddin Bong...
[Courte citation de 8% de l'article original]