Comment observez-vous la crise politique que la France traverse depuis plusieurs mois ?
Nous sommes dans une double crise, une crise de la distance et une crise de la verticalité. La centralisation aboutit à un éloignement des Français autant géographique que social. Ce qui a été exprimé lors de la crise des Gilets jaunes, dans le Grand Débat et les cahiers de doléances en témoigne. La demande de proximité, le sentiment de déclassement, l’absence d’écoute et de repères n’ont pas été suffisamment pris en compte. C’est la crise de la distance. Cette centralisation se traduit aussi par une hyper-présidentialisation. Ce qui était censé unifier provoque des fragmentations et des fissures. C’est la crise de la verticalité. Et l’une conforte l’autre dans une crise politique.
L’étude de l’IFOP parue en août dernier confirme justement que les Français aspirent à plus de proximité…
Cette étude est très parlante. 90 % des Français considèrent que l’État est trop déconnecté des réalités et près de 70 % sont favorables à une décentralisation renforcée. C’est une progression considérable. La crise a accentué cette a...
[Courte citation de 8% de l'article original]