Après l’exécution du révolutionnaire cubain Che Guevara en octobre 1967, son corps a été exposé à la presse par l’armée bolivienne soutenue par les États-Unis dans la ville isolée de Vallegrande. L'événement a été surveillé par un agent de la CIA, lui-même surveillé par Richard Gott, le journaliste du Guardian, décédé à l'âge de 87 ans.
Le chef de « l’équipe nationale » de la CIA était furieux d’avoir été repéré par Gott, qui a également confirmé qu’il s’agissait du corps de Guevara. En dehors peut-être de l'agent, il était la seule personne sur place à avoir déjà vu le Che.
La mort de Guevara, écrira Gott dans son ouvrage faisant autorité Cuba : Une nouvelle histoire (2004), a mis fin à l’association romantique de nombreuses personnes avec la révolution cubaine, mais il avait « une affection constante pour le peuple et sa lutte… » Sa sympathie pour cette lutte et contre l’impérialisme régional, des conquistadores aux nord-américains, est devenue le centre de sa vie.
Le début de la carrière de Gott s’est orienté dans plusieurs directions. Peut-être que notre génération (j’étais un ami proche de lui depuis mes années universitaires), vivant sous la menace d’une destruction mutuelle assurée, accordait de toute façon peu de valeur à une « carrière ».
Son premier ouvrage publié était celui d'un historien de l'apaisement d'avant-guerre. Il aurait pu devenir organisateur de la Campagne pour le désarmement nucléaire dans la région de Londres si on ne l...
[Courte citation de 8% de l'article original]