Comme des millions d’autres personnes, Jack Riewe s’est soudainement retrouvé cloîtré chez lui en septembre 2020, alors qu’un nuage de cendres noires, formé par les incendies environnants, venait de s’installer au-dessus de l’aire métropolitaine de Seattle. En pleine pandémie, et ne disposant pas d’un accès à l’extérieur, ce jeune écrivain de vingt-sept ans a eu beaucoup de mal à voir d’autres personnes. Il occupait donc ses journées à télétravailler sur son ordinateur, à regarder la télévision et à suivre sur son téléphone les dernières informations sur les incendies.
« J’ai été contraint de rester dans la fournaise de mon appartement, sans autre échappatoire que les absurdités que l’on voit sur Twitter », confie-t-il.
Pendant une semaine, il a passé son temps derrière un écran jusqu’à se sentir « déprimé, étourdi [et] nauséeux ». Attribuant ces symptômes à la qualité de l’air dans un premier temps, il s’est même demandé s’il n’avait pas attrapé le coronavirus. La véritable cause de ce mal était bien plus insidieuse : son corps lui faisait payer le fait de vivre presque exclusivement dans un monde virtuel.
Avec la pandémie, la plupart d’entre nous ont été exposés aux écrans à un niveau sans précédent. C’est derrière eux que nous avons travaillé, suivi des cours, participé à des apéros et été aspirés par le déferlement des actualités de 2020. Notre corps n’est cependant pas conçu pour vivre dans un monde virtuel de ce type. Plus nous passons de temps sur nos appareils numériques, plus nous sommes atteints d’un fléau baptisé cybercinétose, ou mal de la réalité virtuelle.
Provoquant vertiges et nausées, la cybercinétose a principalement été étudiée dans le cadre des technologies immersives de niche, à l’instar des casques de réalité virtuelle. En 2011, 3...
[Courte citation de 8% de l'article original]