La France, centre de blanchiment des animaux sans-papiers ?

Nathalie Lamoureux - LePoint - 02/11
LETTRE DES ANIMAUX. Spécialiste de la faune sauvage française, le lanceur d’alerte Jérôme Pensu dénonce un trafic qui brasserait des millions d’euros grâce à la complicité de l’administration.

«  La protection animale est un sujet inflammable », affirme Jérôme Pensu dans le livre Sauvage ! La vraie nature du trafic d'animaux*. Le volcanique auteur signe un texte brûlant, à la fois témoignage et réquisitoire, sur un système où la passion du vivant se heurte à la logique du profit, et où, selon lui, la frontière entre légalité et fraude devient chaque jour plus floue.

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Ce trafic est « l'émanation illégale d'un commerce légal », reposant sur « une industrie de la captivité toujours en demande d'animaux pour alimenter son business ». Des animaux détenus illégalement sont « blanchis », « grâce à la complicité d'agents de l'État », et ce, depuis trente ans, « des hauts fonctionnaires détricotent la réglementation pour faciliter toujours plus l'exploitation du vivant ». Jérôme Pensu cite plusieurs exemples édifiants : le directeur du zoo d'Amnéville lui propose de l'argent contre le placement de trois rapaces sauvages non commercialisables ; un établissement détenteur de flamants roses est relaxé après la modification d'un arrêté par un fonctionnaire.

On l'aura compris : Jérôme Pensu, fondateur de plusieurs centres de soins, expert judiciaire, règle ses comptes avec les zoos et l'administration, un monde où il n'a pas que des amis. « Comme dans le slogan de Tatie Danielle, les gens ne me connaissent pas mais me détestent déjà », sourit-il, avant de rectifier : « Je n'aime pas l'expression “régler mes comptes”. Mon objectif n'est pas de dénoncer “pour le p...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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