Simone de Beauvoir dit : « Une femme ne naît pas femme, mais le devient. » Dans le cadre de cette affirmation charnière, la philosophie féministe rejette le lien entre l’expérience humaine et l’expérience des hommes uniquement et cherche à libérer les femmes de la domination de la pensée masculine.
Cette philosophie avait de profondes motivations historiques dans la civilisation occidentale, notamment les interprétations chrétiennes et aristotéliciennes qui décrivaient les femmes comme un être physique irrationnel, un « homme difforme » et les rendaient responsables du péché d’Adam. Cette vision de l'infériorité, renforcée par les vues de philosophes comme Platon, Aristote, Descartes et Rousseau, a conduit les femmes occidentales à croire que la religion était le plus grand obstacle à leur liberté, ce qui les a conduites à se rebeller contre la métaphysique.
En réaction à ces références intellectuelles, Simone de Beauvoir a déclaré que les femmes doivent abandonner la féminité, la maternité et le mariage, car ils sont les symboles de leurs restrictions, et qu'elles abandonnent donc leur sphère privée au public dans une lutte unilatérale avec les hommes.
Ce conflit s’est transformé en un mouvement radical qui estime que les structures sociales sont biaisées en faveur des hommes et doivent être reformulées pour être compatibles avec la vision des femmes. Ce conflit a atteint un stade avancé grâce au concept de « genre », qui considère que les différences entre les sexes sont un produit social et culturel, et non d’origine biologique, qui fonde l’idée de la libération des femmes de leur nature innée.
Ici, des penseurs, comme le penseur Abdel-Wahab El-Messiri, voient que le « féminisme » n’est pas seulement un mouvement de libération des femmes, mais plutôt le produit d’une profonde transformation de la pensée occidentale. En conséquence, Al-Mesiri estime que la source de cette transformation est l’éloignement des références morales et religieuses transcendantes, conduisant à un « solutionnisme potentiel matériel », où la personne devient sa propre référence et s’en satisfait.
Sur la base de ce système, la vérité passe du principe transcendant à l'être inhérent à l'être humain lui-même, ce qui conduit à des conflits internes et externes. Cette transformation aboutit à un monde de conflit binaire, dans lequel les humains sont divisés en « bourreau et victime » et « tueur et assassiné ». Dans un tel monde, le féminisme se transforme en un mouvement dans lequel les femmes sont centrées sur elles-mêmes et rejettent tout cadre social ou relation complémentaire avec les hommes, ce qui conduit à une hostilité constante au lieu d’une véritable libération.
L’idée de « genre » apparaît comme une étape avancée dans cette lutte, alors que la femme tente de surmonter la barrière biologique (le sexe) à travers un nouveau concept social.
En conséquence, Al Jazeera Net accueille la philosophe algérienne Noura Bouhannash, professeur de philosophie à l'Université de Constantine, pour approfondir la compréhension des défis complexes auxquels sont confrontés la famille, la morale et le statut de la femme à l'ère moderne.
Le Dr Bouhanash est célèbre pour combiner dans ses écrits la pensée philosophique et la leçon fondamentaliste et objective. Parmi ses ouvrages les plus marquants figurent « L’Ijtihad et la controverse de la modernité », « Les objectifs de la charia selon Al-Shatibi et l’enracinement de l’éthique dans la pensée arabo-islamique » et « L’éthique et les enjeux humains ».
Dans son entretien avec Al Jazeera Net, le Dr Noura Bouhanash estime que la moralité précède la religion, car elle est une nature inhérente à l'homme, dans une lecture liée à une idée philosophique ancienne. Socrate a examiné la vertu et a découvert qu'elle était une mémoire inhérente à l'âme humaine. Dans une exposition au monde des idéaux, la moralité apparaît dans une position transcendante et transcendante qui indique son existence avant la réalité.
Il y a donc un problème de lien entre éthique et religion dans la question de la relation de préséance et de fusion. Dans ce contexte, Dr Noura Bouhannash confirme que la religion est un programme procédural qui révèle les valeurs morales et leur confère solidité et force, leur apportant des fondements à travers deux règles :