Côte d’Ivoire : la réconciliation nationale, un chantier inachevé pour de nombreuses victimes

France24 - 20/10
Née du refus de l’ancien président Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, la crise post-électorale de 2010-2011 a fait environ 3 000 victimes, un million de déplacés internes et poussé…

Dans la cour de sa maison, située dans la commune de Yopougon à Abidjan, la capitale de la Côte d'Ivoire, Dame Aminata Timbilé montre la balle qui a été la cause de tous ses malheurs. Pendant les affrontements de 2011, alors que son quartier était encerclé, elle est atteinte à la jambe par un projectile, alors qu’elle était assise chez elle. "On ne pouvait pas sortir. Les hommes tiraient partout, même les enfants ne bougeaient plus", raconte-t-elle. Faute de moyens, elle a gardé la balle dans sa chair pendant cinq ans. Ce n’est qu’en 2016, grâce à un programme d’aide du West Africa Network for Peacebuilding (WANEP), qu’elle a enfin pu être opérée et bénéficier d'une assistance médicale mise en place grâce au Fonds au profit des victimes (FPV) de la Cour pénale internationale.

Sa fille Abiba a tout abandonné pour s'occuper d’elle. "Je ne peux pas la laisser toute seule. J’ai arrêté mes activités pour prendre soin d’elle", confie la jeune femme, coiffeuse de profession. La balle a été retirée trop tard et Aminata a perdu l’usage de ses jambes. Elle "n’a pas seulement touché ma jambe", confie-t-elle avec tristesse.

Restauratrice de profession, Aminata n’a jamais pu reprendre le travail. "Je me réveillais à 4 h du matin tous les jours pour aller au marché, prendre soin de ma maison et de mes enfants avant de commencer la cuisine. Je vendais du riz au soumbara, et ça marchait bien", raconte-t-elle, le regard perdu dans le vide.

La balle qui a frappé Dame Aminata Timbilé à la jambe en 2011, lors de la crise post-électorale ca...
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