Peu d’êtres vivants arrivent à la cheville des caméléons en termes de caractéristiques anatomiques étranges. Une langue bien plus longue que son corps, qui se déploie pour attraper des insectes en une fraction de seconde. Des yeux à vision télescopique qui pivotent indépendamment l’un de l’autre. Des pieds avec des orteils en forme de pinces ressemblant à des mitaines. Des cornes qui poussent sur le front et le museau. Des ornements bosselés sur le nez. Un lambeau de peau qui entoure le cou comme une collerette de dentelle.
De toutes ces bizarreries physiques, la caractéristique qui définit le plus le caméléon, et ce depuis bien longtemps (aussi loin que l’époque d’Aristote), est la capacité de sa peau à changer de couleur. Selon un mythe populaire, ces reptiles seraient capables de prendre la couleur de tout ce qu’ils touchent. Bien que certains changements de couleur les aident en effet à se fondre dans leur environnement, cette caractéristique est en réalité une réaction physiologique dont l’objectif principal est de communiquer. L’animal utilise ce langage coloré pour s’exprimer face à ce à quoi il est confronté : la parade nuptiale, la compétition, le stress environnemental.
C’est du moins ce que l’on croit de nos jours. « Même si les caméléons attirent l’attention depuis des siècles, nous ignorons encore beaucoup de choses sur eux », explique Christopher Anderson, chercheur postdoctoral en biologie à l’université Brown et spécialiste des caméléons. « Nous essayons encore de comprendre comment fonctionnent leurs mécanismes », de la projection rapide de leur langue à leurs différentes couleurs de peau.
Au fil des années, les scientifiques ont fait d’importantes découvertes sur la physiologie des caméléons en les observant en captivité. Leur avenir à l’état sauvage, quant à lui, es...
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