En cette fin d’après-midi, le soleil ardent vient blondir un peu plus l’herbe. Entre ces pâturages mordorés et le ciel d’un bleu immaculé, des chênes verts offrent un spectaculaire dégradé de couleurs et un refuge contre la chaleur accablante. À l’abri de ces arbres, espacées comme des sentinelles en faction, d’imposantes silhouettes patientent à l’ombre. L’une d’elles, soudain, s’avance dans la lumière, tout poitrail dehors : un taureau de combat, noir comme le jais. D’un pas conquérant, la bête d’une demi-tonne se dirige vers un autre mâle et, sans crier gare, le charge en lui plantant sa corne dans le postérieur, avant de pousser un mugissement de victoire. "Il est beau, pas vrai ?", me lance Jean-Christian Domergue, comme pour détourner mon esprit d’une appréhension naissante. Il faut dire que la manœuvre d’intimidation a eu lieu à quelques mètres de nous, et que, à l’instar du légionnaire déchu Claudius Nonpossumus, jeté dans l’arène face à un bovidé très énervé (Asterix en Hispanie, 1969), l’instinct me dicte plutôt de prendre mes jambes à mon cou que de m’abandonner à la poésie du moment.
"Astérix en Hispanie" est truffé de références à la culture taurine
"J’ai beau les côtoyer tous les jours depuis plus de dix ans, je crois que je ne me lasserai jamais du spectacle", poursuit mon guide. Originaire de la région nîmoise, ce Français est arrivé en Espagne en 2012, guidé par sa passion pour les bovins. Aujourd’hui, il est responsable des visites pour la finca Mirandilla, un élevage taurin aux abords de la commune de Gerena, dans l’arrière-pays sévillan. Il emmène régulièrement touristes espagnols et étrangers découvrir, à cheval ou en 4x4, l’univers des ganaderías (g...
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